Non-titulaires 1er degré

 Enseignant.e.s non-titulaires dans les écoles du 93 : un bilan à charge !

 

Maltraitance institutionnelle, c’est le sentiment qui revient dans la plupart des témoignages.

L’année 2019-2020 a été marquée par la pandémie de Covid et par un record : celui de l’embauche de personnels contractuel-les dans les écoles du département. Pour cette année, l’inspection académique annonce avoir employé 666 personnels non titulaires. La CGT a recueilli leurs témoignages. Le bilan est à charge et les situations de travail décrites sont édifiantes. La CGTEduc’Action 93 fait le point sur les principaux éléments.

Dysfonctionnement concernant les informations sur le remplacement (niveau de classe), politique de la dernière minute en ce qui concerne les affectations de la journée. « Le dernier jour avant les vacances de noël, la directrice m’a vu au portail et m’a dit : « Ah, j’ai oublié de te dire que ton remplacement s’arrête aujourd’hui donc tu peux récupérer tes affaires… » Du coup je suis retournée dans la classe pour récupérer toutes mes affaires (environ 20 kg), le lundi suivant je revenais sur la même classe ! Le CPC qui arrive sans avoir été annoncé me reproche l’absence d’affichage dans la classe ! »

Délai de prévenance sur les visites non respectés : les informations sur les visites tombent au dernier moment. « Le mardi soir à 21h08, je reçois un message de la directrice m’indiquant que j’ai une visite conseil le jeudi à 8h30, aucun mail ne m’a été adressé pour me prévenir de cette visite. » Parfois absence de communication du rapport du CPC.

Manque de matériel : arrivée dans des classes vides, nécessité d’achat de matériel sur ses deniers personnels alors que l’on n’est pas informé de la durée du remplacement à effectuer. Non avertie que la porte de l’armoire renfermant le matériel EPS n’avait plus de gong, je me la suis prise sur la tête.

Absence de formation, jetés dans les classes, sans que cet aspect ne soit pris en compte lors des visites : « Les conseillers m’ont traité en tant que titulaire et pas en tant que remplaçante débutante ». « le CPC m’a reproché une mauvaise utilisation du TNI, je n’ai jamais eu de formation à son usage et j’ai mis plusieurs jours à obtenir les mode d’emploi et code informatique pour son ouverture ».

Des postes intenables : un jour une classe et un niveau différent « je n’avais plus 3 mais 4 écoles sur la semaine, avec sur chacune d’elle des niveaux différents »

Problèmes de paie / Premier salaire « mes collègues et moi n’avions reçu que 70% de notre salaire sans en être avertis pour le mois de septembre, mois pour lequel nous n’aurons jamais de fiche de salaire.

Des faits de maltraitance ont été soulevés par des contractuels. Humiliation, dénonciation, mauvaise communication, rétention d’information chantage sur le renouvellement, menace et manque de professionnalisme. « A la moindre erreur nous sommes traqués »

Pressions en cascade : les titulaires et directeurs maltraités répercutent leur mal être sur les contractuel.les

Entraves à la prime Rep+, retards permanents de leur paiement : des calculs qui se basent sur des semaines à 5 jours, les états récapitulatifs faux car établis sur la base du prévisionnel des remplacements, pas toujours communiqués pour rectification aux agents, impossibilité de vérifier la prise en compte des rectifications, une prime au final non versée dans son intégralité, non proportionnelles au temps effectifs de remplacement comme le dit la loi.

Pas d’indemnité de déplacement comme pour les titulaires ZIL. Appels à 8 h. du matin pour un changement d’école et de classe, arrivée dans des écoles qui ne vous attendent pas, rappels à l’ordre parce qu’on a mis trop de temps à arriver alors que l’on ne nous a même pas donné la bonne adresse et encore moins les indications pour s’y rendre. Parfois rappel dans la matinée pour changer encore d’école parce que le remplacement semble plus urgemment attendu ailleurs. Et pourtant, bien que nous ayons le même métier que les titulaires en « brigade de remplacement » comme nous ou « ZIL », nous ne touchons actuellement aucune indemnité de transport (ISSR), il s’agit d’une véritable rupture d’égalité.

Retraits et prélèvements de salaire, pour des IJSS non perçues parce que les documents et attestations n’ont pas été établis en temps et en heure par l’administration, ou sont erronées, ou parce que non télétransmises à la CPAM, ou parce que non envoyées aux intéressés.

Vœux d’affectation en mai qui ne seront pas pris en compte et ne connaître son affectation (ses affectations) que la veille de la rentrée.

Restrictions dans l’accès au bâtiment, aux salles de classe, à la photocopieuse : « obligé de rentrer entre 8 h 20 et 8 h 30 comme un enfant », pas d’accès au code photocopieuse, pas de clé les armoires renfermant le matériel pédagogique.

"Contractuel.le" n’est pas un métier, nous sommes professeur.e ». Multiples témoignages relatant le mépris des autres personnels (gestionnaires, secrétaire de circonscription…) : ton déplacé, rétention d’informations…- Des secrétaires et gestionnaires refusent de fournir des informations passent par un tiers (ATSEM, direction…). Les CPC n’envoient pas les rapports lors des entretiens pédagogiques.

Absence d’entretien professionnel, pourtant obligatoire tous les trois ans au moins, aucune communication, aucun retour sur la manière de servir, ni conseil sur les formations à suivre afin d’améliorer sa pratique professionnelle.

Décision de non-renouvellement basée uniquement sur l’avis du dernier IEN de la dernière circonscription où a eu lieu le dernier remplacement, que l’on n’a jamais vu, non communiqué et sans que les avis et rapports favorables des années précédentes, sur d’autres circonscriptions ne soient pris en compte, sans information sur les recours possibles.

Accès à son dossier administratif impossible : « Ayant reçu en juillet une lettre de non-renouvellement, au bout de 4 ans de service, sans qu’aucun entretien professionnel préalable sur les 4 années et sans qu’aucun avis sur ma manière de servir ne m’ai été communiqué, j’ai voulu consulté mon dossier administratif. Ma requête étant restée sans réponse, avec l’aide de la CGTEduc’Action j’ai dû effectuer un recours auprès de la CADA, qui m’a été favorable, puisque c’est la loi ! Malgré cela, il a fallu trois mois et une intervention des élus paritaire de la cgt pour que l’on m’envoie un dossier par courrier. Ce dossier, extrêmement succinct, comprends des évaluations d’IEN que je n’ai jamais vu et dont je n’ai eu aucune communication, les rapports des CPC et des visites n’y sont pas, il ne comprend aucun état récapitulatif des remplacements effectués, or à ce jour, je n’ai pas reçu la totalité des primes dues. Je n’ai pas non plus été promue de niveau pour ma quatrième année. Je suis obligée d’aller au TA pour réclamer mon dû et contester mon non-renouvellement »

Attestations de fin de contrats tardives, qui retardent le versement des indemnités chômages.

CDI et promotions indiciaires « oubliées », j’aurais dû signer mon CDI depuis un an et être promus mais malgré mes nombreuses relances faites auprès de ma gestionnaire, je n’ai toujours rien reçu ».

« Pour ma part, exercer ce métier demande une solide vocation, mais il faudrait être bien mieux formés et accompagnés afin que nous soyons tous préparés à s’adapter à des publics différents et ainsi éviter un burn-out, un abandon de poste ou pire la mort volontaire comme la défunte Christine Renon. »