Documents CT sur les moyens 1er degré

 Déclaration au CTSD 1er degré du 07/09/2021

 

Mesdames et Messieurs les membres du CTSD,

Les 18 derniers mois ont souligné l’importance de la nécessité d’un plan d’urgence pour l’École.

Pourtant, en juin dernier la direction académique de Seine Saint Denis décidait de fermer 81 classes, s’ajoutant aux 187 classes fermées décidées en janvier. Dans le même temps, des parents témoignaient comme à Saint-Denis de la perte de près de 4 mois de classe faute de remplaçantes et de remplaçants. Dans le même temps, la DSDEN de Paris actait la fermeture de seulement 8 classes, un différentiel entre nos deux départements incompréhensible alors que nos élèves accumulent retards et inégalités scolaires. C’est possible à Paris, c’est donc possible en Seine-Saint-Denis. C’est pourquoi nous exigeons le gel des fermetures et une vraie politique de rattrapage.

La CGT avait revendiqué un plan d’urgence pour l’École avec des moyens humains et matériels suffisants pour aborder cette rentrée sereinement.

Il n’en est rien et les élèves, comme les personnels, se retrouvent déboussolés par tant de flous et de manques. L’épidémie de Covid-19 sévit toujours en Seine-Saint-Denis. Le taux d’incidence y est le plus élevé d’Île-de-France (205 cas pour 100 000 habitants. Un taux bien au-delà du seuil d’alerte qui est fixé à 50). Les personnels se sont épuisés pour maintenir un service public de qualité. Une fois de plus, le ministère n’a pas été à la hauteur des attentes. C’est pourquoi, au-delà de la situation sanitaire, qui a démontré l’absolue nécessité d’un plan massif d’investissement pour l’école, la CGT et l’intersyndicale, appellent les personnels à se mettre en grève massivement le 23 septembre pour exiger le plan d’urgence, vital pour le fonctionnement de nos écoles et de nos établissements scolaires.

Après avoir déclaré au sujet de notre département qu’« Il ne manque que la mer pour faire la Californie », le président réitère dans les propos déraisonnables, cette fois à Marseille concernant ce qu’il nomme « l’école du futur » : « Il faut que ces directeurs d’école puissent choisir l’équipe pédagogique... ». Pour la CGT, il ne s’agit ni d’une innovation ni d’une réponse aux besoins des écoles de quartiers défavorisés, ni aux besoins des directions d’école. Après le suicide de notre collègue directrice ; Christine Renon, ces dernières ont été très claires lors de la consultation : près de 90% d’entre elles et eux refusent la création d’un statut de supérieur hiérarchique. Conférer un « statut d’emploi fonctionnel » aux 2 900 directrices et directeurs d’école totalement déchargé·es de classe, va engendrer des dérives dans le fonctionnement des équipes et instaurer une autorité hiérarchique entre directrice·teurs et adjoint·es (avec la possibilité d’évaluation par exemple...). Le ministre instaure une pression supplémentaire et une mainmise complète sur les directrice·teurs qui en souffrent déjà trop. C’est pourtant grâce au travail collectif de tous les enseignant·es que l’école a tenu face à la pandémie, face aux consignes tardives voire incohérentes du ministre.

Nous rappelons que les 300 postes qui ont été crées depuis 3 ans ont été uniquement dédiés au dédoublement, délaissant l’enseignement spécialisé, les moyens de remplacement, les autres cycles. Cette année, ce sont les grandes sections, qui ont été dédoublées avec un an de retard sur les autres académies. Pour autant, tout ne se passe pas comme écrit sur le papier. En effet nous avons été contactés au sujet du dépassement des effectifs dans certaines écoles.
De plus, la non prise en compte des effectifs pèse sur les besoins de décharges de direction. Plutôt que de créer un statut de direction vis à vis duquel la profession s’oppose, c’est davantage de décharge qu’il faut distribuer.

La CGT vous interpelle également sur la mise en place précipitée des cités éducatives. Quatre cité éducatives Saint-Denis, Aubervilliers, Epinay-sur-Seine et Pantin se sont vus décerner le label cet été.

Dans le département, on compte désormais neuf cités éducatives avec Bondy, Aulnay, Clichy, La Courneuve et Sevran. Les personnels ont été averti dans la confusion de cette mise en place.

Pour la CGT, il s’agit :

- d’une atteinte au service public : à sa neutralité et au caractère d’indépendance du fonctionnaire qui définit le refus de l’allégeance au pouvoir politique ou aux intérêts privés (statut général de la Fonction Publique 1946). Derrière l’association à qui l’Etat a confié l’appareil pédagogique des cités éducatives, Agir pour l’école, on retrouve comme partenaires le groupe d’armement Dassault, la fondation EDF, le groupe pharmaceutique Servier, l’assureur Axa ou encore la Société Générale. Pour la CGT, il est inadmissible que des entreprises privées s’immiscent dans les établissements.

- d’une atteinte au statut de fonctionnaire, le blocage systématique des postes et leur profilage est une mise en cause des droits à l’égalité de traitement entre fonctionnaires et des droits à la mobilité. Celui-ci est inhérent à l’organisation du mouvement intra-départemental. A la CGT, nous sommes non seulement très attachés à la réglementation du statut général de la fonction publique obtenue par notre syndicat en 1946. Nous le considérons comme le principal bouclier des personnels d’éducation.

Nous alertons sur :

- le financement d’associations privées au détriment du budget dédié aux personnels et à leur formation
- l’introduction d’une double hiérarchie : l’institutionnalisation d’un chef, un principal, qui coordonnera et dirigera toutes les activités, qu’elles relèvent ou non de l’école.
- l’empiétement de la liberté pédagogique des enseignants et remise en cause de l’autonomie. Nous exigeons, et comme cela a été annoncé par la DASEN du Val de Marne qu’il n’y ait aucune mesure pédagogique coercitive, ni pression comme c’était le cas avec les Kit pédagogiques d’Agir pour l’école.

Il est à craindre la remise en cause de l’éducation prioritaire dont la survie qui est en jeu avec l’expérimentation issue du rapport Elimas. Il y a aujourd’hui 363 collèges REP+ en France alors que seulement 80 seraient à l’avenir concernés par les cités éducatives.

Enfin, la CGT est aux côtés des enseignant·es contractuels qui ont été en grande partie la courroie de gestion de la crise sanitaire. Sans elles et eux, la situation aurait été davantage désastreuse dans de nombreuses écoles. Pourtant, la reconnaissance se fait attendre et la précarité s’élargit. Des "contractuel·les covid" n’ont toujours pas reçu leur attestation employeur et n’ont donc rien perçu en juillet et en aout. La multiplication des contrats courts est une atteinte à leurs droits et à au fonctionnement du service public d’éducation. De nombreux·euses "contractuel·les n’ont pas reçus une partie des primes et promotions indiciaires qui leurs sont dues depuis plusieurs années, les plaçant comme des enseignant·es "de seconde zone". La CGT exige aujourd’hui de l’administration qu’elle régularise au plus tôt les dizaines de situations que nous avons déjà abordées.

Enfin la mise en place des PIAL se fait comme nous l’avions annoncé et craint de façon chaotique et dans la souffrance.
La CGT est également aux côtés des AESH déplacés à cette rentrée, sans qu’il soit tenu compte, ni des besoins des élèves qu’ils accompagnaient, parfois depuis plusieurs années avec succès, ni des situations spécifiques des personnels (des collègues nous font, par exemple, remonter des préconisations médicales non respectées.)
Concernant la gestion quotidienne de la mise en place des PIAL, aucune information non plus des personnels sur les modalités d’ordres de mission rendus nécessaires par les déplacements imposés ou la prise en compte des temps et défraiements des éventuels transports.
Ces collègues attendent d’autre part depuis maintenant deux ans la mise en place des grilles indiciaires déjà très tardivement votées en CTA et des revalorisations salariales dues.